Chers éleveuses et éleveurs, l’ensemble de l’ équipe vous souhaite une belle et heureuse année !
Dermatose Nodulaire Contagieuse
Comme vous le savez la Dermatose Nodulaire Contagieuse ou DNC est particulièrement d’actualité depuis le mois de Décembre. Voici les informations clés pour comprendre cette maladie.
D’où vient cette maladie ?
La DNC est une maladie virale qui touche uniquement les bovins, zébus et buffle.
Un premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse a été confirmé le 21/06/2025 en Sardaigne puis en Savoie le 29/06/2025. Cette maladie circule activement dans les pays d’Afrique et est présente en Afrique du Nord depuis 2023. Une circulation en Europe avait déjà eu lieu dans les Balkans en 2015-2017 et avait été éradiquée, le dernier foyer observé en Europe datait du 10/10/2017 au Monténégro.
Comment le virus se transmets-il ?
La DNC est une maladie très contagieuse.
Le mode de transmission principal se fait de manière indirecte via des vecteurs (et notamment via les piqûres de mouches piqueuses et de taons). Ces insectes ne peuvent se déplacer que sur de courtes distances (5 km) et le virus ne survit « dans » l’insecte que 24h.
Une contamination peut également avoir lieu par contact très rapproché entre deux bovins.
Quel est le temps d’incubation ?
Le temps d’incubation correspond au temps entre la contamination et la déclaration des symptômes. Dans le cas de la DNC, il est en moyenne de 4 à 14 jours mais il peut y avoir jusqu’à 28 jours d’incubation !
Quels sont les symptômes ?
- Fièvre
- Chute de production laitière
- Pas d’appétit
- Rhinite, conjonctivite, hyper salivation
- Ganglions augmentés
- Nodules cutanés allant jusqu’à la nécrose
- Œdème des membres
- Avortements
- Infertilité des taureaux
Le taux de mortalité peut atteindre 10 % et le pourcentage d’animaux malades est de 45 %. Un animal malade s’il survit a une forte probabilité de devenir une non valeur économique (nombreuses séquelles).
Comment diagnostiquer la maladie ?
La détection du virus se fait par PCR sur les nodules cutanés. Un diagnostic par PCR dans le sang est peu fiable car le passage de virus dans le sang est intermittent, une prise de sang négative n’assure pas que le bovin n’est pas contagieux !
Quelle est la situation en France ?
Depuis le 29 juin, 116 foyers ont été détectés en France : d’abord en Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3) puis dans le Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (22), Doubs (1), Ariège (2) et Hautes-Pyrénées (1), Haute-Garonne (2), Aude (1). Il reste trois zones réglementées (zones en vert et rouge) au sein desquelles des mesures de restrictions fortes s’appliquent aux déplacements des bovins et au sein desquelles la vaccination (obligatoire) est en cours.
Comment cette maladie a pu se propager de la Savoie au Sud-Ouest ?
Comme expliqué précédemment, les mouches piqueuses et taons ne peuvent parcourir que 5 km, la maladie a pu se propager à des centaines de kilomètres très probablement suite à des transports illégaux d’animaux.
Pourquoi cette maladie doit être éradiquée ?
1- C’est une maladie réglementée au niveau européen à éradication obligatoire (comme la fièvre aphteuse, la peste porcine, l’influenza aviaire,…).
2- Pour son impact économique : une zone non indemne ne peut plus exporter d’animaux, de lait et fromage non pasteurisé, de cuir et de semence.
3- Pour son impact sanitaire : la mortalité et les pertes liés au passage de la maladie sont très importants.
La circulation de cette maladie à l’échelle nationale mettrait vraiment à mal toute la filière bovine.
Pourquoi certains des cheptels vaccinés ont encore des animaux malades ?
Après la vaccination, l’immunité ne se met en place qu’au bout de 21 jours. Ainsi un bovin infecté avant la vaccination ou dans les 21 jours qui suivent la vaccination peut être malade. Comme dit précédemment, la maladie peut être en incubation pendant 28 jours, un animal qui s’infecte 10 jours après la vaccination peut donc développer des symptômes jusqu’à 38 jours (10 jours + 28 jours d’incubation) après la vaccination. Aujourd’hui, tous les troupeaux vaccinés qui ont été touchés se trouvaient dans cette période à risque.
Pourquoi ne pas vacciner l’ensemble du cheptel français ?
La vaccination induit la perte du statut indemne des zones vaccinées ce qui implique un arrêt total des exportations (pendant 14 mois jusqu’à la dernière date de vaccination) et donc des conséquences économiques très très lourdes sur l’ensemble de la filière bovine française (et notamment la filière allaitante : presque 1 million de broutards sont exportés tous les ans). Des discussions sont en cours avec certains états membres pour alléger les conditions d’exportations.
Pourquoi la vaccination a été étendue dans le Sud-Ouest ?
Au vu de la rapidité de propagation de la maladie (probablement suite à des mouvements non autorisés d’animaux), un cordon vaccinal a été mis en place pour éviter la propagation de la maladie au reste du territoire.
Pourquoi des mesures d’abattages sont prises ?
Nous avons conscience que les mesures d’abattages sont dramatiques pour les éleveurs touchés et les vétérinaires devant réaliser les actes d’euthanasie et nous redoutons d’y être confronté. A l’heure actuelle, c’est pourtant la solution qui nous semble être la plus adapté car :
- La maladie est très très contagieuse.
- Dans un troupeau contaminé, il est impossible de savoir avec certitude qu’un animal sans symptômes est non porteur et non contagieux (comme cité précédemment la prise de sang n’est pas fiable).
- La maladie étant transmise par des mouches, il est impossible de mettre l’élevage en claustration totale pour éviter la contamination d’autres élevages.
- La mortalité est importante et les pertes économiques sont colossales d’où l’intérêt d’éradiquer au plus vite la maladie.
Toutes ces raisons font qu’à l’heure actuelle, suite à l’apparition d’une vache malade une zone réglementée de 50 km est définie dans laquelle :
- Les mouvements d’animaux sont interdits pour éviter la propagation
- Les animaux sont vaccinés
- Une surveillance vétérinaire est diligentée dans tous les élevages de la zone
- Les troupeaux touchés sont abattus dès le premier cas pour réagir le plus vite possible et limiter au maximum la propagation de cette maladie (seul les animaux présents sur le même site que l’animal malade sont abattus).
Ces mesures sont-elles efficaces ?
En Savoie, la zone réglementée a été levée suite à l’absence de nouveau cas. Ce résultat est la démonstration de notre capacité d’action collective pour lutter contre cette maladie, et de parvenir à l’objectif qui est le nôtre : l’éradication. Les éleveurs qui ont vécu le drame du dépeuplement de tout ou partie de leur troupeau ont aujourd’hui repeuplé et redémarré leur activité.
Comment faire pour se protéger ?
Le principal risque vient du transport des animaux !
Pour limiter le risque d’introduction du virus nous vous recommandons de :
- Ne pas introduire de bovins ne venant pas de Bretagne
- Ne pas déplacer vos animaux en dehors de la Bretagne pour revenir ensuite
Et si j’ai un animal malade ?
Nous souhaitons vraiment ne pas en arriver à ce stade mais si vous avez un doute, contactez nous rapidement ! Plus tôt un cheptel contaminé sera détecté le plus de chance auront les voisins d’être épargnés..
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous interpeller en visite.
Recommandations vaccinale FCO/MHE en 2026
Pour rappel, nous vous conseillons pour l’année prochaine de vacciner les troupeaux contre la MHE et la FCO 3 et 8. L’approvisionnement de vaccins sera probablement compliqué cet hiver, au vue de la forte demande nationale. Nous vous conseillons donc de commander et de stocker les vaccins dans vos réfrigérateurs dès maintenant. Le coût des vaccins est le suivant :
- FCO 3 : BLUEVAC BTV 3 – 63 doses = 170,59 € HT (soit 2.71€/dose/vache) – existe en 25 doses
- FCO 8 : BLUEVAC BTV 8 – 63 doses = 151.39€ HT (soit 2.41€/dose/vache) – existe en 25 doses
- MHE : HEPIZOVAC – 25 doses = 120.03€ HT (soit 4.81€/dose/vache)
=> Un protocole de primo-vaccination contre la MHE, la FCO 3 et 8 revient à environ 20€ HT/vache.
=> Pour rappel, les vaccinations nécessitant une certification (export et concours) doivent être réalisées par un vétérinaire et avec d’autres vaccins (Bultavo 3, Syvazul 3, BTV Pur 4-8).
Vous pouvez dès à présent compléter ce tableau et nous le transmettre pour commander vos vaccins.
Mammites cliniques
Nous avons constaté en fin d’année une grosse augmentation du nombre de mammite clinique sévère. Ces mammites ont probablement été favorisées par les conditions climatiques très humide.
Pour protéger vos bovins, il est important :
- De favoriser des produits de post-trempage avec effet barrière (Novactiv XCell Mix)
- D’appliquer des obturateurs lors du tarissement
- De booster l’immunité de vos animaux (bolus oligo-élément lors du tarissement – Oligovet Vache Tarie, injection de Multimin)









