Chères éleveuses, chers éleveurs, un nouveau virus appelé Shamonda fait actuellement l’objet d’une surveillance accrue chez les bovins dans plusieurs régions d’Europe.
Virus Shamonda : un nouveau virus à surveiller chez les bovins
Depuis plusieurs semaines, des vétérinaires signalent dans plusieurs départements de l’Est de la France, ainsi qu’en Suisse et en Allemagne, l’apparition d’un syndrome associant différents signes cliniques chez les bovins. La situation est évolutive, et semble progresser depuis ces zones. Voici les principales informations à connaître et les points de vigilance pour vos élevages.
Quels signes cliniques chez les bovins ?
Les animaux atteints présentent principalement :
- Un épisode précoce de fièvre, généralement bref et transitoire,
- Un abattement et/ou une baisse d’activité digestive (diminution rumination),
- Une diminution parfois importante de la production laitière,
- Une diarrhée aiguë (pas toujours présente).
Dans certains cas des avortements sont observés, sans que le lien avec les autres signes soit à ce jour établi avec certitude.
Ce virus concerne actuellement les bovins mais pourrait toucher également les petits ruminants.
Quel est ce virus et comment se transmet-il ?
Les investigations menées ont permis de suspecter la présence de ce nouveau virus, un orthobunyavirus proche du virus de Schmallenberg, déjà connu en France depuis 2012. Les analyses se poursuivent afin de confirmer précisément l’identité du virus et de mieux comprendre sa diffusion.
Les virus de ce groupe sont transmis principalement par de petits insectes piqueurs du genre Culicoides.
👉 Ce sont les mêmes vecteurs que ceux impliqués dans la FCO et la MHE. La période actuelle, avec une forte activité des Culicoides, est donc particulièrement propice à leur circulation.
Quelles sont les conséquences et la conduite à tenir ?
Cette affection ne constitue pas une maladie réglementée donnant lieu à des mesures de gestion sanitaire obligatoires ou à des restrictions de mouvements des animaux. Aucune mesure de police sanitaire n‘est donc prévue à date. En cas de signes cliniques de ce type dans votre élevage :
- Rapprochez-vous de votre vétérinaire : il pourra vous conseiller, déterminer la cause, apporter les soins adaptés aux animaux malades (traitement symptomatique) et réaliser des prélèvements si besoin.
- Surveiller les femelles gravides et les naissances dans les mois à venir. En effet, on ne peut exclure le risque sur les femelles gravides, car une infection pendant la gestation peut, dans certaines circonstances, entraîner des avortements ou des malformations congénitales chez les veaux, agneaux ou chevreaux (de façon différée, plusieurs mois après l’infection, comme cela est décrit avec le virus Schmallenberg).
Quelles sont les mesures de prévention ?
A ce jour, il n’existe pas de vaccin disponible contre ce virus. Les mesures de prévention les plus efficaces reposent donc sur la surveillance clinique des animaux et la biosécurité (protection des troupeaux vis-à-vis des moucherons du genre Culicoides).
💧 Bien gérer les effluents et les litières : limiter l’accumulation de matières organiques humides à proximité des animaux.
🧹 Maintenir les zones de stockage propres et maîtrisées : les matières organiques constituent des habitats favorables au développement des Culicoides.
🐄 Surveiller régulièrement les animaux et les protéger contre les vecteurs : une détection précoce des signes permet de mettre rapidement en place les soins adaptés. Les insecticides comme le Deltanil®ou le Butox® aideront en limitant la propagation du virus via les moucherons.
Hémorragies chez les bovins : une urgence !
Une hémorragie importante chez un bovin est une urgence vétérinaire. Une perte de sang massive peut rapidement mettre en jeu le pronostic vital de l’animal. Les principales situations rencontrés sont les suivantes :
- Hémorragie de la veine mammaire : une rupture ou une plaie de la veine mammaire peut provoquer une perte de sang très importante et très rapide. Elle peut notamment survenir à la suite d’un traumatisme, d’une plaie à la mamelle ou d’une lésion provoquée par un élément extérieur.
- Hémorragie vaginale ou utérine : une hémorragie peut également apparaître à la suite d’un vêlage, notamment en cas de déchirure ou de lésion des voies génitales. Il peut s’agir d’une atteinte d’un artère vaginale localisée au niveau de la paroi vaginale ou encore d’une des artères utérines.
🚨 Que faire ?
En cas de saignement abondant, appelez-nous immédiatement. En attendant notre arrivée, une compression forte et continue peut permettre de limiter la quantité de sang perdue :
- Hémorragie de la veine mammaire : comprimer directement la zone qui saigne avec un torchon ou un tissu propre, le plus fortement possible et sans relâcher la pression.
- Hémorragie vaginale/utérine : introduire un torchon, un tissu propre dans le vagin et exercer une compression forte directement sur la zone hémorragique, si celle-ci est accessible. N’hésitez pas à nous demander lors de nos interventions obstétricales, nous vous montrerons où se trouvent les vaisseaux pouvant saigner.
Vaccination respiratoire : n’attendez pas l’hiver !
Nous observons actuellement de nombreux veaux présentant des toux et des pneumonies dans les élevages, sans doute en lien avec une immunité amoindrie par les épisodes caniculaires. Dans ce contexte, nous vous conseillons d’avancer la vaccination respiratoire habituellement réalisée à partir du début de l’hiver, et de la mettre en place dès que possible chez les veaux sains.
💉 BOVILIS® Intranasal RSP Live : ce vaccin protège contre les deux principaux virus respiratoires VRSB (virus respiratoire syncytial bovin) et PI3 (virus parainfluenza 3). Il peut être utilisé dès l’âge d’1 semaine, à raison d’une administration intranasale de 2 mL. La protection débute rapidement : environ 5 jours pour le VRSB et 1 semaine pour le PI3. La durée d’immunité est de 12 semaines.
💉 BOVILIS® BOVIGRIP : il protège contre VRSB, PI3 et Mannheimia haemolytica, une bactérie fréquemment impliquée dans les pneumonies des veaux. Il est utilisable à partir de 2 semaines d’âge et nécessite une primovaccination en 2 injections de 5 mL à 4 semaines d’intervalle, par voie sous-cutanée. Il faut donc anticiper : l’immunité se met en place environ 3 semaines après la vaccination pour le VRSB et 6 semaines pour PI3 et Mannheimia. Le protocole doit idéalement être terminé au moins 2 semaines avant la période à risque.
👉 Attention : la vaccination doit être réalisée sur des veaux en bonne santé. Un veau déjà malade doit d’abord être pris en charge ; la vaccination ne remplace pas le traitement d’une infection respiratoire en cours.
Actualités de la clinique
Nous avons le plaisir de vous annoncer que notre équipe de vétérinaires ruraux se renforce avec l’arrivée d’Ewa PILATH qui débute début septembre. Diplomée depuis 3 ans de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, elle a exercé pendant 2 ans en Normandie auprès de bovins et de chevaux.









